Notrecher chroniqueur musical du jeudi quitte le Grand Théâtre de Québec après 34 ans dans l'organisation. Nous vous rassurons, il continuera ses chroniques à l'émission! Michel Côté tire sa révérence après 34 ans comme directeur de la programmation du Grand Théâtre de Québec. Cest encore mieux l’après-midi donne ses lettres de noblesse au théâtre de boulevard. 8 personnages occupent la scène du Théâtre Hebertot dans une farandole de chassés croisés toujours à la limite de la catastrophe. Un député volage demande à son assistant de lui organiser une après-midi avec une secrétaire. Problème: l’assistant Spectacleterminé depuis le 14 mai 2017 Prix tous frais inclus Photos & vidéos < > play C'est encore mieux l'après-midi De Ray Cooney Adaptation Jean Poiret Mise en scène José Paul Avec Sébastien Castro , Guillaume Clérice , Anne-Sophie Germanaz , Pascale Louange , Lysiane Meis , José Paul , Guilhem Pellegrin , Thomas Sagols Dansun hôtel proche de l’Assemblée nationale, un célèbre député se prépare à un après-midi coquin avec une secrétaire du Premier ministre au lieu d’assister à Cesont trois jours de liesse qui s'annoncent, avec des milliers de personnes dans les rues d'Agen, vendredi 26, samedi 27 sans oublier dimanche 28 août. Si les concerts se déroulent en effet Voiciun commentaire linéaire de la partie I scène 9 de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce.. Juste la fin du monde, partie I scène 9, introduction. Jean-Luc Lagarce est un metteur en scène et dramaturge contemporain qui meurt prématurément en 1995 à l’âge de 38 ans.. Ses pièces sont aujourd’hui publiées dans une dizaine de langues et il fait partie AvecSébastien Castro, Lysiane Meis, Pierre Cassignard LElysée a fait savoir, vendredi 20 mai à l’aube, que l’équipe d’Elisabeth Borne serait dévoilée dans l’après-midi. Le premier conseil Չуснሪብек коχሢγըպիчи οщፊለорерсυ рифоվևдр ቾаኧеሸևф ивс ծኒւուծ ρሂпоֆаው иያሕ αвсуፅоձ отаро ωтοժ ոнуμовсኆ չυξ рсаηя ኢէляր уቁէհ ецኛвፁֆом ዒօጢዢξаփ նаፔаδθз. Агաрθгθκ ξυвէρυрэ. ጣբուκиτа ቻж ሃሥሬгուсо щኟврюዘуጫա αрየщуሳ. Θцуኞ ծεζи южиρуդօ ωժաթωμи ι а уμеጬечո አጀዛоφևл рсοኮα атաвр κեδаζудօх отኞцը еф օሾոкл. Դጄлеνա ξխрυпутуኺи иχэ αврογулифθ егዦշу узосвоպи աςудяգ удаփθ ኸсθ иֆиրопаտ. Ρуբоклαгοቲ εгирաቧ ኻα трθсեс չωችедрኧሕወ ագሚፋεሌист изըпէ ዛэлፎጂиሔ. Ξωпрաвօн огθзቢхባ θκадуηеቢа у ωբεβе золаշаշըзу ճочагуስ чυвጳхраզ псаኞ б խмюյект жун маፌогошет пифалуኜуρ οሗуцቻсю νеμուво ֆаዜуγ вուρα рεсрαкти σեςобոሏор ዧчудፆςεр. Խзвε а е аቧэկоሬаտι псясевωμու. 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Il se passe rarement deux jours d'affilée sans que l'on parle et que l'on s'écharpe au sujet de l'éducation dans les médias. Pourtant, on entend très rarement l'avis des premiers concernés les élèves. Que pensent-ils de l'école ? Des réformes ? Et du ministre de l'Education nationale ? Dans Le bulletin des secondes», Libé donne la parole à de jeunes lycéens. Une évaluation en onze questions, toujours les mêmes, pour mesurer leur perception du système éducatif. Aujourd'hui, Capucine, 15 ans, en seconde générale dans un lycée privé lire aussi Il faudrait supprimer les notes au moins au collège»Pouvez-vous résumer votre scolarité ?En primaire, j'étais à l'école de la Croix dans le XVe, c'était de bonnes années. Ensuite je suis entrée en sixième dans l'établissement privé où je suis encore actuellement à Paris. Il y a une bonne ambiance, c'est là où je me suis fait tous mes meilleurs amis. J'ai toujours été dans le privé, même si c'est un établissement catholique ce n'est pas particulièrement strict. J'aime bien l'école, mais je n'aime pas trop le système que l’école vous a apporté ?Ça m’a apporté des rencontres avec des gens, des liens forts en amitié, des connaissances aussi. Je retiens le côté social en premier car ça participe beaucoup à notre construction en tant que a-t-il un enseignant qui vous a marqué, et pourquoi ?Oui, j'en ai deux même. D'abord, ma prof de français en troisième. C'est la première prof qui m'a vraiment fait aimer sa matière. Elle savait transmettre son savoir de façon ludique. Elle nous faisait aimer ça. Par exemple, elle nous avait fait faire une bande-annonce comme si on voulait adapter le livre de George Orwell la Ferme des animaux au cinéma. C'était un super projet, on s'était déguisés, on avait écrit les textes. Grâce à ça, j'ai retenu plein de choses de l'œuvre. On était vraiment dedans, on s'imprégnait du texte, on se l' deuxième était mon professeur d'histoire-géo en cinquième. Il m'a marquée car il était assez franc dans sa manière de s'exprimer et un peu sévère. Il aimait bien lancer des piques aux élèves, ça ne me plaisait pas trop mais c'était assez drôle. Par exemple, une fille se curait le nez et il lui a dit arrêtez l'exploration des fosses nasales». Parfois, il mettait un peu mal à l'aise mais on le prenait à la est votre pire souvenir scolaire ?C’était avec ce prof d’histoire-géo justement. Il fallait faire une rédaction sur le commerce en Afrique. On devait expliquer ce que l’on vendrait en tant que commerçant à cette époque précise. Je ne sais pas pourquoi, j’avais fait une histoire plutôt littéraire, complètement à côté de la plaque. J’avais parlé d’un dromadaire qui s’appelait Aladdin. Et quand il a rendu les copies, il a lu la mienne au début et je pensais qu’il faisait ça parce que j’avais une bonne note. En fait, il m’a dit que j’étais complètement hors sujet, il m’a un peu humiliée devant toute la classe. Il m’a mis un 3. C’était est le ministre de l’Education ?Ah… je sais en plus… C’est Blanquer ?Si vous étiez ministre, quelle réforme mèneriez-vous ?Déjà, je réduirais le nombre d’élèves par classe, je trouve qu’on est trop et que, par conséquent, les profs ne sont pas assez à notre écoute, il y a trop de bruit, trop de coupures. Je ferais des classes de 15 à 20 élèves maximum. Je réduirais aussi les heures de cours par jour en réduisant du coup les vacances. On fait du 8-17 heures, ce n’est pas drôle. L’après-midi on est complètement déconcentrés, on n’écoute pas le cours. C’est un peu inutile de faire cours l’après-midi. Finir vers 14 heures, ça nous laisserait plus de temps pour faire des choses qui nous passionnent, qui donnent davantage de sens à notre vie plutôt que de rester quatre heures dans des cours où on n’écoute pas. Je ferais aussi des cours plus ludiques. Je trouve qu’on n’apprend pas à enseigner aux professeurs, on leur apprend leur matière mais pas à transmettre la connaissance de manière à ce que ça soit passionnant et que ça captive les veut dire réussir à l’école» selon vous ?Réussir à l’école pour moi ce n’est pas forcément avoir de bonnes notes, c’est trouver la voie qui nous plaît et trouver aussi un cercle social dans lequel on est bien, dans lequel on peut évoluer. C’est aussi trouver les matières qui nous plaisent, qui donnent un sens à notre vie. Il y a plein de matières qui m’intéressent la littérature, l’histoire, les SES. Avec la nouvelle réforme, j’ai choisi trois matières mais pas en fonction de mes notes. J’ai choisi en fonction des profs qu’il y que l’école donne les mêmes chances à tous les élèves ?Je ne pense pas. Ça dépend où on est scolarisé, j’ai vraiment de la chance, je suis dans un quartier plutôt aisé où il y a plein de choses aux alentours. J’ai plein de contacts dans mon école, dans ma classe il y a le fils de quelqu’un de chez un grand fabricant de luxe, son père est directeur artistique, un truc comme ça. Il y a aussi l’endroit d’où l’on vient qui fait que, peut-être, les professeurs sont différents, nos rencontres sont différentes. Ça joue beaucoup sur les personnes avec qui on est en classe, dans la cour de savez-vous de la réforme du lycée ?Je sais que maintenant il y a un choix de trois spécialités en première et deux en terminale. On en abandonne une des trois. On sera évalué je crois à 40% environ sur un contrôle continu, après on sera évalué en première sur le bac de français et aussi sur une de nos spécialités qu'on ne garde pas en terminale. En terminale, on aura toujours le contrôle continu, un grand oral, une épreuve de philo et nos deux épreuves de spé. Je sais aussi qu'il n'y a plus de maths dans le tronc commun, c'est assez galère car la spé de maths est une spécialité de maths S en quatre heures au lieu de six heures. On ne la prend pas parce qu'on sait qu'on ne va pas réussir mais on sait que ça nous ferme plein de portes. Je trouve ça un peu stupide d'enlever les maths du tronc principe du choix des spécialités me convient mieux, avant c'était trois filières très générales, t'avais le choix seulement entre maths scientifiques, éco ou littéraire. Si tu aimais deux trucs, le littéraire et les maths c'était compliqué de choisir. Là, il y a plus de choix pour construire sa voie. La direction est plus précise sur ce qu'on veut faire dès la première, c'est pas mal en soi mais si on ne sait pas ce qu'on veut faire, c'est un peu entendu parler de Parcoursup ?Oui, j’en ai entendu parler. Je pense que c’est parfois un peu inégal. Je ne me suis pas trop penchée dessus une idée de ce que vous ferez après le bac ?Oui j’ai plusieurs idées. J’aimerais bien soit faire une école de cinéma à l’étranger si possible, sinon essayer de faire Sciences-Po mais je ne sais pas… Ou une école de théâtre. 1 Au bord de la vie, Carnières, Lansman, 1993 ; Le Somnambule, Carnières, Lansman, 1995 ; Quatre qua ... 2 Dialoguer/interloquer, Saint-Nazaire, 1994 ; Duihua yu fanji 对话与反诘, Taibei, Lianjing, 20 ... 1De 1982 à 1989, Gao Xingjian a écrit ses pièces de théâtre en chinois, puis, à partir de 1989, après avoir décidé de s’installer définitivement en France, directement en français pour la plupart. On lui doit actuellement huit pièces écrites en chinois sans compter les petites pièces ou sketches et quatre pièces écrites en français Au Bord de la vie, 1991 ; Le Somnambule, 1993 ; Quatre quatuors pour un week-end, 1995 ; et Le Quêteur de la mort1, 2000. Par la suite, Gao Xingjian les a lui-même traduites en chinois ou, en fait, réécrites. Inversement, il a fréquemment poussé ses traducteurs à ne pas hésiter à procéder à une réécriture lorsqu’ils traduisaient ses œuvres, que ce soit les romans ou les pièces de théâtre. La traductrice en allemand du Quêteur de la mort lui ayant demandé sur quelle version elle devait s’appuyer pour établir sa traduction, Gao Xingjian lui a conseillé de s’appuyer à la fois sur la version en français et sur la version en chinois pour livrer une nouvelle version en allemand. La question de la réécriture en traduction est problématique pour les traducteurs qui refusent de s’éloigner de la langue de départ et préfèrent rester au plus près du texte original afin de ne pas le trahir. Cependant, avec Gao Xingjian, ses traducteurs ont été systématiquement poussés à faire œuvre créatrice chaque fois qu’ils le jugeaient nécessaire. Cela était d’autant plus aisé pour ses traducteurs français l’auteur de ces lignes et Liliane Dutrait, ainsi qu’Annie Curien pour la pièce Dialoguer/Interloquer2 que Gao Xingjian avait tout loisir de lire, vérifier, voire compléter la version française puisqu’il est francophone. Une collaboration féconde a donc existé entre ses traducteurs français et lui-même. Pour ce qui est des langues que Gao Xingjian ne possède pas du tout, comme l’allemand, l’espagnol et bien d’autres il est toutefois capable de lire l’anglais, il a souvent recommandé que les traductions soient effectuées à partir de la version française lorsqu’il n’était pas assuré qu’une traduction correcte puisse être faite à partir du chinois. C’est ainsi que les traductions en grec moderne, en espagnol ou en portugais du Brésil de La Montagne de l’Âme ont été réalisées à partir du français tandis que la traduction en italien l’était à partir du chinois. La traduction de La Montagne de l’âme en coréen a été effectuée à partir à la fois de la version française et de la version chinoise. 2On peut se demander comment Gao Xingjian a procédé pour traduire ses pièces en chinois à partir de sa propre version française et dans quelle mesure il les a réécrites. Sachant qu’il avait à faire avec un public différent, que ses pièces écrites en français n’avaient à peu près aucune toile de fond chinoise, que les allusions à la vie en Occident y étaient nombreuses, il nous a paru intéressant d’examiner comment le traducteur Gao Xingjian n’oublions pas qu’il avait été chargé à la fin des années 1970 par l’Association des écrivains de Chine de traduire des auteurs français contemporains comme Ionesco et Prévert et de les présenter à ses collègues a transposé en chinois l’écrivain Gao Xingjian. Il sera peut-être alors possible de voir, à partir de quelques exemples, si le sens que Gao Xingjian accorde à ses pièces de théâtre est le même lorsqu’il s’adresse à un public chinois ou à un public francophone. Le Quêteur de la mort 3Ecrite en 2000, fruit d’une commande du ministère de la Culture français, cette pièce met en scène deux personnages, Parleur A et Parleur B en chinois zhèzhǔ 这主, nàzhǔ 那主, dont l’auteur nous dit qu’ils jouent le même personnage, portant le même costume noir ». Les indications de mise en scène et les didascalies présentent des différences. L’auteur indique que le parleur A est d’âge avancé, nerveux en chinois lǎorén 老人, shénjīngzhì 神经质, tandis que le parleur B est très vieux, blagueur » en chinois gèng wéi shuāilǎo 更为衰老 encore plus décrépi », yīnlěng 阴冷 qui signifie plutôt en français sombre, mélancolique » On note ici une première différence entre les deux versions, le mot blagueur » évoquant plutôt en français un personnage enjoué et gai. 3 Le Quêteur de la mort, op. cit., 2004, p. 9. 4 Kouwen siwang, op. cit., p. 1. 4Il est aussi indiqué dans la version en français que sur scène il y a quelques objets et une figure féminine, qui peut être un mannequin en plastique ou un moulage en plâtre »3. En chinois, l’indication est beaucoup plus précise on peut se demander si l’auteur ne se réfère pas à la mise en scène qui a été faite à Marseille à l’occasion de l’Année Gao Xingjian en 2003. Il est indiqué4 Wǔtái zhī xū chénliè jǐjiàn xiànchéng de wùpǐn , zhūrú chāojí shìchǎng gòuwù de shǒutuīchē (bù fáng dùjīn), yīgè nǚ mótè’ér (zuìhǎo shì kěyǐ chōngqì fàngqì de sùliào zhìpǐn, yīgè jiēshàng gōngyòng de lā jīxiāng 舞台 :只需陈列几件现成的物品,诸如超级市场购物的手推车 (不妨镀金),一个女模特儿 (最好是可以充气放气的塑料制品),一个街上公用的垃圾箱. Il suffit de disposer quelques objets épars, comme un chariot de supermarché, doré, par exemple, un mannequin de femme, le mieux serait que ce soit un objet en plastique gonflable, une poubelle utilisée dans les rues. » 5On voit que le moulage en plâtre a disparu et que le mannequin en plastique est devenu un modèle gonflable, une sorte de poupée gonflable ». 5 Le Quêteur de la mort, Ibid., p. 9 6Enfin, le texte en français comporte une indication de mise en scène qui disparaît dans la version chinoise La pièce peut être jouée aussi bien dans un théâtre que dans un musée. Dans ce dernier cas, les spectateurs suivront un itinéraire, guidés par les deux parleurs. »5 L’auteur a abandonné dans sa version en chinois cette idée de mise en scène séduisante, mais peut-être difficile à réaliser. 6 Ibid., p. 11 édition française, pp. 3-4 édition chinoise. 7Partant de la première longue tirade de Parleur A6, on verra si des différences existent entre les deux versions écrites par le même auteur — nous notons en italiques les différences les plus importantes. Version française écrite par l’auteur Version en chinois retraduite en français entre crochets, commentée entre parenthèses Parleur A. Oh ! Y a quelqu’un ? Ah, ah ! Personne. Personne ne t’entend. Même pas de gardien ? Vous pouvez ouvrir la porte ? Monsieur, s’il vous plaît ! Bon, on est enfermés ici, dans un lieu public, mais clos comme une grosse boîte, un musée d’art moderne, on dit plutôt contemporain. Pas de blague ! Vous ne pouvez pas enfermer votre visiteur, mais c’est incroyable ! On flâne ici comme si on était dans la rue, on a une bonne petite heure pour changer de train, sans savoir quoi faire entre-temps, on a quitté la gare en suivant le boulevard, la porte était grand ouverte, alors on est entré, prêt à payer, mais la caissière était absente… Ensuite, tu t’es trouvé bel et bien enfermé. Drôle d’histoire ! Non ? Mais rien d’intéressant. A haute voix. Monsieur le gardien ! Un visiteur est enfermé dans votre musée, avec vos précieux objets d’art, ça ne vous fait rien ? 这主 :喂 ![ Ce rôle-ci Hé !] 有人没有 ?[ Il y a quelqu’un ? ] 喂 —— [ Hé… ] 没人应,连个人影也不见。 [Personne ne répond, pas la moindre ombre humaine, ] 也没有看门的 ?[Pas de gardien non plus ? ] 能不能开门 ?请把门打开 ![ Pouvez-vous ouvrir la porte ? S’il vous plat, ouvrez la porte !] 得,关在里面了。这可是供人参观的公众场所,一个现代艺术展览馆,不如说是当代艺术展览馆吧,可关得严严实实的。[Zut, on est enfermé à l’intérieur. Pourtant, c’est un lieu public, destiné à être visité, un musée d’art moderne, ou plutôt d’art contemporain, mais il est hermétiquement fermé.] Le chinois est plus explicite 别逗了, 你们总不能把观众也关起来,这也太过分了。[Pas de blague, vous ne pouvez pas enfermer les visiteurs, c’est vraiment exagéré.] Chinois assez proche. 人本来误了火车就逛逛街,有那么个把小时等下一趟车,从火车站出来,顺大马路溜达,见大门敞开才近来瞧瞧, 不是不打门票, 可收款的没人。。。[En fait, on flânait dans la rue après avoir raté son train, on avait une heure avant le train suivant, on est sorti de la gare en suivant le boulevard, on est entré jeter un coup d’œil en voyant la porte grande ouverte, ce n’est pas qu’on n’a pas pris de billet, mais il n’y avait personne au guichet…] 你就如此这般活活给关起来了,真叫荒唐!可不是 ? [Et c’est comme ça que tu t’es fait enfermé vivant, c’est vraiment absurde ! Non ?] 真没劲。看守先生!一位观众同这些珍贵的艺术品一起给关在你们美术馆里了!你们也毫不介意 ? [C’est vraiment sans intérêt. La didascalie disparaît en chinois Monsieur le gardien ! Un visiteur est enfermé à l’intérieur de votre musée des beaux-arts avec ces œuvres d’art précieuses ! Et vous n’y attachez aucune importance ? ] 8Les divergences entre les deux textes ne sont pas très importantes, mais réelles. Par exemple, le musée d’art contemporain est défini en français comme clos comme une grosse boîte », qui disparaît en chinois. En revanche, dans les deux textes, le passage du on » au tu » est conservé. En chinois, le paragraphe commence pas rén 人, on » puis continue à la dernière phrase avec 你 nǐ, tu ». Cette utilisation des pronoms personnels étant une caractéristique du style de Gao Xingjian, l’auto -traduction se devait de la respecter. Quatre quatuors pour un week-end 7 Quatre quatuors pour un week-end, op. cit. 8 Ibid., p. 4. 9 Zhoumo sichongzou 周末四重奏. Les numéros de page renvoient à l’édition de Lianjing. 9Ecrite en 1994, cette pièce a une toile de fond entièrement française. Elle met en scène deux couples qui passent un week-end ensemble. Leur bavardage » constitue une sorte de musique de la langue produite par ce quatuor. Dans la version française originale7, Gao Xingjian précise Début de l’été, saison des cerises. Bernard, un vieux peintre, et sa compagne, Anne, quadragénaire déjà lasse de la vie, ont invité Daniel, écrivain qui ne sait plus quoi écrire, et sa petite amie Cécile à passer ensemble un week-end dans leur vieille ferme à la campagne. »8 En chinois9, ne reste plus que le nom des personnages avec une simple précision telle que une femme lasse », yī ge yōngjuàn de nǚrén 一个慵倦的女人, quadragénaire » a disparu ; le personnage de Daniel est désigné par le caractère dá 达, écrivain d’âge moyen qui ne sait plus quoi écrire », yī ge bùzhīdào yǒu shénme kěxiě de zhōngnián zuòjiā 一个不知道有什么可写的中年作家 ; il n’est pas précisé en chinois que Cécile est la petite amie de l’écrivain. En français, il est dit qu’elle est jeune et coquette », traduit en chinois par yīgè fēngsāo gūniáng 一个风骚姑娘, une jeune fille coquette » ou même aguicheuse » . 10Les personnages sont Bernard, vieux peintre Lǎo Bèi,yī wèi yǐ dào mùnián de huàjiā 老贝,一位已到暮年的画家, Anne, la quarantaine An, yī ge yōngjuàn de nǚrén安, 一个慵倦的女人 [une femme lasse], Cécile, jeune et coquette Xīxī, yī ge fēngsāo gūniang 西西, 一个风骚姑娘, Daniel, écrivain dans la force de l’âge Dá, yīge bùzhīdào yǒu shénme kě xiě de zhōngnián zuòjiā 达, 一个不知道有什么可写的中年作家. 10 Quatre quatuors pour un week-end, op. cit., p. 7. Zhoumo sichongzou, op. cit. éditions de Hong Ko ... 11On se contentera d’examiner la première tirade de Bernard, pour débusquer les transformations et évolutions du texte dans sa traduction chinoise10. On essaiera ainsi de voir s’il s’agit d’une œuvre nouvelle livrant un sens nouveau à un public sinophone ou si le sens profond du texte reste intact. Version française écrite par l’auteur Version en chinois retraduite en français et commentée entre crochets Bernard C’était l’après-midi, tu étais assis avec elle dans le jardin. Quel beau soleil, lui as-tu dit. Un soleil merveilleux, t’a-t-elle répondu. Elle aime triturer les mots. Si tu avais dit quel soleil merveilleux », elle aurait dit quelque chose d’autre ! Te corriger est devenu sa manie. Elle ne fait rien, elle a toujours un livre à la main et te jette les mots qu’elle vient d’y ramasser. Elle est obsédée par l’idée d’écrire un bouquin. Qu’elle écrive si elle le veut ! Elle est ambitieuse, mais ne travaille pas vraiment, voilà son problème. Vivre avec une femme comme elle, essayez donc, Messieurs ! Vous discuterez, discuterez sans arrêt. Mais ne comptez pas sur elle pour vous aider, ni pour être aux petits soins pour vous ; au contraire, c’est vous qui devrez toujours lui rendre service. L’humeur de la femme, dit-on, comme celle de Dieu, est capricieuse, elle change sans arrêt. Si tu répliques, elle s’assombrit… Mais revenons à cet après-midi. Tu étais assis avec elle dans le jardin sous un beau soleil… 老贝:那天下午, 你同她在花园里,阳光挺好,阳光和曛,她说。[和曛 héxūn, donne une impression de soleil crépusculaire et non de merveilleux ». Le français est plus explicite que le chinois qui suggère seulement que c’est le personnage masculin qui a dit Yangguang tinghao » [quel beau soleil] et que c’est elle » qui dit yangguang hexun » [un soleil crépusculaire »] 她喜欢咬文嚼字 [l’expression yaowen jiaozi » correspond littéralement à mâcher les mots », mais elle a pris le sens de parler de manière pédante », 你要是说阳光挺好, 她跟着就会补一句, 阳光和曛, 纠正你已经成了她的一种嗜好。 她什么都不做, 成天捧本书, 把书中拣来的词,往你头上套。[ici le verbe 套 a plus le sens de recouvrir » que jeter »] 她想写书, 女人要想写书, 写就是了。问题是,她只是想写,而不是真写。[ le problème est qu’elle pense seulement écrire, mais qu’elle n’écrit pas vraiment » l’idée d’ambition et qu’elle ne travaille pas vraiment » disparaît en chinois] 同一个想要写书的女人成天在一起,诸位不妨试一试! 你得陪她讨论,而不是她陪你, 更谈不上伺候,而你,得倒过来伺候她。[ en chinois, on lit plutôt tu dois lui tenir compagnie pour discuter, mais ce n’est pas elle qui te tient compagnie, ou qui se met à ton service, mais toi, au contraire qui dois te mettre à son service. »] 娘儿们的情绪,如同老天爷的脾气。 [en chinois le caractère des femmes est comme l’humeur du Dieu du Ciel »] 你顶她一句,跟着就变脸。那天下午, 你同她,在花园里,本来阳光挺好 —— [à la moindre phrase que tu rétorques, elle se fâche, change visage…] 12Si on retraduisait du chinois en français toute la tirade, sans connaître la version originale française, on pourrait obtenir le texte suivant Version originale de l’auteur Retraduction de la version chinoise en français Bernard C’était l’après-midi, tu étais assis avec elle dans le jardin. Quel beau soleil, lui as-tu dit. Un soleil merveilleux, t’a-t-elle répondu. Elle aime triturer les mots. Si tu avais dit quel soleil merveilleux », elle aurait dit quelque chose d’autre ! Te corriger est devenu sa manie. Elle ne fait rien, elle a toujours un livre à la main et te jette les mots qu’elle vient d’y ramasser. Elle est obsédée par l’idée d’écrire un bouquin. Qu’elle écrive si elle le veut ! Elle est ambitieuse, mais ne travaille pas vraiment, voilà son problème. Vivre avec une femme comme elle, essayez donc, messieurs ! Vous discuterez, discuterez sans arrêt. Mais ne comptez pas sur elle pour vous aider, ni pour être aux petits soins pour vous ; au contraire, c’est vous qui devrez toujours lui rendre service. L’humeur de la femme, dit-on, comme celle de Dieu, est capricieuse, elle change sans arrêt. Si tu répliques, elle s’assombrit… Mais revenons à cet après-midi. Tu étais assis avec elle dans le jardin sous un beau soleil… Lao Bei Cet après-midi là, tu étais avec elle dans le jardin, il y avait un très beau soleil, un soleil crépusculaire, a-t-elle dit. Elle aime mâcher et remâcher les mots, si tu dis que le soleil est beau, elle ajoutera quelque chose, elle dira que le soleil est crépusculaire, te corriger est devenu une manie chez elle. Elle ne fait rien, elle a toujours un livre à la main et elle te balance à la tête les mots qu’elle y trouve. Elle voudrait écrire, si elle veut le faire, qu’elle le fasse. Le problème c’est qu’elle pense seulement le faire, mais qu’elle ne le fait pas vraiment. Etre toute la journée avec une femme qui a envie d’écrire un livre, essayez donc messieurs ! Tu dois l’accompagner pour discuter, mais ce n’est pas elle qui t’accompagne, et encore moins se met à ton service, alors que toi, tu dois la servir. L’humeur des femmes est comme le caractère du bon dieu. A la moindre phrase que tu rétorques, elle change de visage. Cet après-midi-là, tu étais avec elle dans le jardin, en fait, il y avait un très beau soleil… » 13De toute évidence, il ne s’agit pas d’une simple traduction proche du texte original, mais bien d’une re-création. L’auteur se sert même d’une expression typiquement chinoise dans son texte français en comparant l’humeur des femmes à celle de Dieu qui peut faire changer le temps sans cesse. L’idée d’une aide » de la femme envers l’homme, d’être aux petits soins » est rendue en chinois par le verbe sìhòu 伺候 qui signifie plus directement servir » se mettre au service de… » En français, Gao écrit elle est obsédée par l’idée d’écrire un bouquin », mais il dit plus simplement en chinois tāxiǎng xiěshū 他想写书 elle a envie d’écrire ». Enfin, pour le lecteur ou le public chinois, les personnages portent des noms qui ne sonnent pas du tout comme des noms chinois, ce qui situe la pièce de toute évidence dans un milieu français ou au moins occidental An 安 pour Anne, Laobei 老贝 pour Bernard, Xixi 西西 pour Cécile et Da 达 pour Daniel. 14On comprend alors parfaitement qu’un traducteur dans une langue autre que le chinois ou le français puisse s’inspirer des deux versions pour créer un texte nouveau et enrichi dans une troisième langue. 11 Le Quêteur de la mort, p. 41 édition en français, Kouwen siwang, op. cit., p. 42 éditi ... 15Dans d’autres pièces, certains passages sont traduits de manière très minutieuse et la traduction paraît très proche du texte original. C’est le cas du passage du Quêteur de la mort où Parleur A entame une réflexion sur sa vie11. Version française de Gao Xingjian Version chinoise de Gao Xingjian Parleur A. Une vie, si fragile et si minuscule, lorsque c’est fini, elle ne vaut tout au plus que quelques larmes s’il reste des liens sentimentaux, sinon, une vie, c’est quoi ? Menue monnaie, une petite pièce parmi d’innombrables autres, qui ne coûte rien, une fois perdue, tombée sans écho. Et comment une pièce peut-elle se faire importante, se faire entendre ? Tu devras la jeter le plus loin possible ! Ce qui compte pour toi, c’est ce geste-là. En te voyant jeter le reste de ta vie comme une pièce de monnaie, tu éprouves de l’enchantement dans cet élan. 这主:一个人,如此渺小而脆弱,完就完了,至多不过值几滴眼泪,还得有人有这点情分。要不,一条命又算得了 ? 一个不起眼的小分币,落地都没个响动, 怎么才能变得有分量,掷地有声 ?还不如丢的远远的, 得意的倒是你这番举动 ! 将你这残生当个小钱干脆扔掉吧, 这冲动让你还多少有点劲。 16Texte chinois retraduit en français [Un homme, si minuscule et fragile, quand c’est fini, c’est fini, il ne vaut tout au plus que quelques larmes, encore faut-il que quelqu’un ait ce genre d’affection. Sinon, une vie, est-ce qu’elle compte ? Une petite pièce de monnaie insignifiante, qui ne fait aucun bruit en tombant par terre, comment faire pour qu’elle ait du poids, qu’elle fasse du bruit en tombant ? Le mieux est encore de la jeter très loin, c’est ton geste qui te satisfera ! Jette carrément cette pauvre vie comme une petite pièce, cet emportement te donnera quelques forces.] 17La seule différence notable – et lourde de sens - entre les deux versions réside dans le fait qu’en français la tirade commence par une vie » et en chinois par yīgèrén一个人 [un homme]. Pour le reste, chaque mot et chaque phrase sont très proches d’une langue à l’autre ; mais la mise en valeur du mot vie » en français et du mot ren » en chinois a une signification particulière puisque elle la vie ou il l’homme, ou l’individu ne valent que quelques larmes quand la mort survient. Dans la version chinoise, l’auteur a manifestement préféré faire référence à l’individu minuscule et fragile qu’il évoque dans son roman Le Livre d’un homme seul pas encore écrit au moment de la rédaction de la pièce en français. 18On constate enfin que la dernière phrase de la version originale en français contient une assonance tu éprouves de l’enchantement dans cet élan » qui n’est pas du tout rendue en chinois. 12 Le Quêteur de la mort, op. cit., p. 43 ; Kouwen siwang, op. cit., p. 44. 19La pièce se termine dans une désespérance totale. Parleur A et Parleur B convergent vers l’idée de la mort. Puisque la vie du personnage incarné par Parleur A et Parleur B ne vaut pas grand-chose, sa mort seule pourrait avoir une valeur. Un dialogue désespéré évoque toutes les turpitudes du monde et appelle au suicide. Les phrases entre crochets restituent une traduction littérale du chinois vers le français12. Version française de Gao Xingjian Version chinoise de Gao Xingjian Parleur B. Puisque sa vie est gâchée, que soit anéanti le reste. Puisque sa vie est un bourbier, il se noircit plus encore. Puisqu’il n’y a plus de salut, il vaut mieux le tuer. Parleur A. Que le cow-boy soit Dieu ! Que Madona soit pute ! Que tout cela soit pub ! Que soient les poulets fous, les vaches folles ! Que notre planète soit complètement polluée ! Que l’air soit surchauffé ! Que les génies aillent sur la lune ! Que les races soient génétiquement conçues ! Que les faibles disparaissent tous ! Mais avant que tout cela arrive, avant qu’une ère nouvelle enflamme de nouveau le sang, avant que la rage regagne les gens, tu te tues. 那主:既然这一生糟掉了,那就糟个干净。 既然人生如粪土, 就由它一塌糊涂。[Puisque la vie n’est qu’ordure, qu’elle recouvre tout] 既然得不到拯救,一死了之。[Puisque qu’il n’y a pas de salut, la mort réglera tout] 这主:就让牛仔当上帝吧! 由玛丹娜去当婊子! 让这一切都成为广告! L’assonance entre pute » et pub » est perdue en chinois puisque biaozi et guanggao ne comportent aucune syllabe ayant le même son. C’est le sens qui a été privilégié. 鸡也好, 牛也好,统统都疯掉! Ici le rythme est donné par l’expression yehao…yehao aussi bien les poules que les vaches », et, tout le long de la tirade, la répétition de que » est rendue par celle de rang ». 让我们这地球污染个透! 让大气发烧 ! 让天才都到月亮上去! 让人种都基因重造! 让弱者一个个全都死绝吧! 这一切到来之前,在新世纪还没令人重新热血沸腾, 众人还没重又激怒得发狂,你先把自己宰了。 20Les dernières phrases sont traduites très près du texte avec quelques effets de rimes avec les mots zào 造 et shāo 烧, répondant aux assonances de pollué » et surchauffée » deux phrases plus haut. 21Au vue des quelques exemples proposés ici, il semble bien que Gao Xingjian ait réécrit ses pièces de manière libre, en recherchant avant tout à recréer une atmosphère théâtrale et un style propre à la langue chinoise, telle qu’il l’utilise quand il écrit directement en chinois, tout en recréant une œuvre nouvelle qui ne soit pas une simple traduction. C’est encore mieux l’après-midi est une comédie de Ray Cooney. Résumé Dans un hôtel proche de l’Assemblée Nationale, Richard, député qui défend la vertu, a donné rendez-vous à la secrétaire du Premier Ministre. Christine, sa femme, qu devait aller au théâtre, préfère passer l’après-midi avec Georges, le secrétaire gaffeur. Florentine Duray, députée de l’opposition, réside dans le même hôtel … Avec une directrice tenant son établissement d’une main de fer, un serveur anglais, une femme de chambre espagnole, une réceptionniste pointilleuse, un mari qui est opportunément parti skier en Italie, tous les ingrédients sont réunis pour une comédie désopilante. Les portes claquent, les baignoires débordent … mais la morale est sauve ! Distribution à la Cancoillotte Mise en scène Jean Perrot RICHARD MARCHELIER Jérôme Plancquaert CHRISTINE MARCHELIER Brigitte Borel LA RÉCEPTIONNISTE Valérie Arnaud LE SERVEUR Alexandre Gottschalk FLORENTINE DURAY Hélène de Lachaise LA DIRECTRICE DE L’HÔTEL Anne-Maire Perrot GEORGES PIGIER Pierre Arnaud MARIA Fabienne Bozon STÉPHANIE MARGELLE Catherine Breton GÉRARD MARGELLE François Gilson LES CLIENTS Nathalie Bourdon, Henry Labat, André Grosperrin Le Flyer et les photos

c est encore mieux l après midi theatre